26 octobre 2018

Dans la région Nord-Ouest de l’Argentine, qui regorge de paysages tous plus variés et impressionnants les uns que les autres, nous sommes partis à la découverte des Salinas Grandes, vaste désert de sel niché dans la Puna andine. Un havre de paix que nous avons parcouru accompagnés d’habitants locaux et d’une caravane de lamas pour un moment exceptionnel.

Dans la province de Jujuy, tout au nord de l’Argentine, presque à la frontière avec le Chili et la Bolivie, se trouve une curiosité géologique très particulière à la région : la saline de Salinas Grandes. L’existence des salars et salines en Amérique du Sud est longtemps restée mystérieuse. On en trouve en Argentine, au Chili et le plus grand est situé en Bolivie, le fameux Salar d’Uyuni. Les Salinas Grandes, où nous nous rendons, font environ 120 km² de surface, ce qui permet d’avoir cette sensation de marcher sur un désert blanc. Elles se situent à 3300 mètres d’altitude, il est donc conseillé d’y monter progressivement, en faisant des étapes, d’autant que pour y arriver, à une heure et demie de Purmamarca, il faut passer à plus de 4000 mètres. Il est également conseillé de s’y rendre avec un chapeau et de la crème solaire, le sol réverbérant fortement la lumière du Soleil dans cette région où il pleut particulièrement peu ! La route pour arriver aux Salinas Grandes est longue et magnifique. Nous avons la chance d’apercevoir à plusieurs reprises des vicuñas, les vigognes sauvages, au bord du chemin, un condor majestueux dans le ciel. Nous empruntons la merveilleuse côte du Lipan qui monte à plus de 4000 m et qui offre une vue spectaculaire sur la vallée. La région est incroyablement sauvage, reculée, calme et apaisante. Nous roulons parmi les chemins noueux de montagne jusqu’à arriver à la saline. Là, nous abandonnons le véhicule dans un petit village au bord des Salinas Grandes, où nous retrouvons notre guide Santiago. Les lamas, dans un coral, n’attendent plus que nous pour partir en caravane. Nous prenons donc la direction du désert de sel, accompagnés de trois magnifiques lamas, se suivant les uns derrière les autres. Nous traversons d’abord une plaine de genêts jaunes, parsemée de quelques cactus, où nous voyons déjà le sel recouvrir une partie du sol. Nous mettons enfin le pied sur les Salinas Grandes. Le sel craque, les plaques se cassent sous nos pieds et sous les sabots des lamas, tranquilles et majestueux. Le sol est divisé en étranges hexagones de sel, qui découpent l’étendue de manière vraiment surprenante.

Les déserts de sel andins sont sans conteste une merveille et une curiosité de la nature. Il y a 600 millions d’années, cette partie du continent sud-américain demeurait couverte par la mer. Suite à de puissants mouvements de plaques terrestres volcaniques dans la région, les Andes se sont formées et élevées petit à petit, les eaux se retirant progressivement. La fusion de la roche et du magma des volcans andins formèrent les salars et les salines: des immenses lagunes d’eau extrêmement salées. Celles-ci se sont peu à peu asséchées avec de fortes chaleurs, ce qui n’a laissé que ces couches de sel épaisses et sèches, qui nous donnent aujourd’hui à observer des paysages magnifiques, presque lunaires. Cependant, il faut noter la différence entre un salar et une saline : les salines sont exclusivement composées de sédiments de chlorure de sodium (sel) tandis que les salars sont composés de plusieurs types de sédiments (chlorure de sodium, nitrate, sulfate). Une fois les Salinas Grandes lentement traversées et admirées, nous avons le droit à une pause bien méritée au milieu de l’étendue saline autour d’un apéritif offert par nos guides. Nous sommes seuls sur les Salinas Grandes, les uniques rencontres que nous avons faites sont nos compagnons les lamas et quelques gracieuses vigognes qui gambadent.

Nous reprenons ensuite la voiture pour avancer vers une autre partie des Salinas Grandes, celle des piletas, les piscines d’un bleu azur, où est récolté le sel. Autour des Salinas Grandes, des locaux vendent des petits blocs de sel en cristaux. Ce sel a toujours été récolté et utilisé par les peuples Quechuas habitant la région. Il est cependant très pauvre en iode, c’est pourquoi il est peu consommé par le reste des habitants du continent. Il est cependant traité par certains exploitants, qui y ajoutent un complément d’iode afin de pouvoir le consommer comme du sel de mer. Il a donc un goût quelque peu différent du sel que nous pouvons trouver dans le reste du monde, en bord de mer. Le spectacle des Salinas Grandes est un de ceux à voir une fois dans sa vie. Cela vaut particulièrement le coup d’y rester jusqu’au coucher du soleil, le sol blanc réverbérant entièrement les lumières du soir. Une découverte surprenante et magnifique, une géographie particulière à l’Amérique du Sud où l’on rencontre un mélange de paysages, vie sauvage et culture locale unique.

 

Josephine Boone

Carnet pratique

Comment y aller ? Vol de 2 heures entre Buenos Aires et Salta.

Un circuit ? Séjour dans le Nord-Ouest argentin ou encore Circuit sur la Route 40 en Argentine.

 

Diaporama

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