15 janvier 2019

La ville de Buenos Aires est captivante par sa variété, sa culture et son ambiance. Elle offre un panel impressionnant d’activités, et parmi elles, de nombreuses visites culturelles, des spectacles et des rencontres. Nous avons plongé au cœur de la capitale pour découvrir le gigantesque Palacio Barolo, dans le Microcentro. Une découverte étonnante et unique, qui nous fait voir Buenos Aires autrement.

Le Palacio Barolo, s’élevant à 100 mètres de hauteur, domine la mythique Avenida de Mayo. Il a été pendant 3 ans la plus haute construction d’Amérique du Sud, jusqu’à être dépassé par le Palacio Salvo de Montevideo, en 1925. Même s’il a été depuis dépassé de nombreuses fois par les gratte-ciel qui se sont progressivement développés dans la capitale, la tour du Barolo reste emblématique et fait toujours autant lever les yeux des passants. Le Barolo a été construit entre 1919 et 1923 dans le quartier du Microcentro, à Buenos Aires, à l’initiative de Luis Barolo. Immigré espagnol en Argentine, ce magnat du textile s’associe à l’architecte Mario Palanti pour monter cet incroyable projet dont il rêve depuis des années. Le bâtiment, impressionnant par ses dimensions, sera construit en seulement quatre ans, mais son propriétaire ne verra jamais la fin des travaux ; en effet, Barolo meurt six mois avant l’inauguration de son œuvre.

Notre visite s’effectue de nuit. Nous sommes attendus à 20h dans l’imposant hall du Palacio Barolo. Une guide nous y attend et commence par nous expliquer l’histoire et l’architecture du lieu où nous nous trouvons. Barolo et son architecte Palanti ont choisi de construire leur Palais en référence à La divine Comédie, la plus grande œuvre de l’écrivain italien Dante Alighieri. L’œuvre se divise en trois chapitres qui sont représentés dans le palais Barolo : l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis.

La première salle où nous nous trouvons, c’est-à-dire le hall d’entrée, représente l’Enfer. Elle est impressionnante par sa largeur et sa hauteur de plafond, ses arcs et ses parures de style néogothique. On peut y observer les neuf magnifiques voûtes qui représentent l’accès aux Enfers, avec à leur base des figures en bronze d’animaux de la mythologie autour de ce thème : dragons, serpents, félins, aigles. Au centre du hall, une statue de Dante, en bronze, emporté par un condor vers les hauteurs du Paradis, que l’on voir s’élever dans une succession de coupoles au dessus du centre de la galerie.

Nous passons ensuite dans la partie appelée « le Purgatoire », en montant au 8ème étage. Les ascenseurs sont d’époque et donnent une note désuète, comme un voyage dans le temps. Fait amusant, les étages du Barolo dont au nombre de 22, en comptant les deux sous-sols. Cependant, ils ne sont numérotés que de 1 à 18, Barolo ayant prévu de réserver les deux premiers étages pour ses bureaux personnels, chose qui n’eut jamais lieu du fait de son décès. Les nombres qui concernent le bâtiment sont tous chargés de références à l’œuvre de Dante. 22 est le nombre de vers dans chaque chant de La divine Comédie, chants qui sont au nombre de 100, comme la hauteur de la tour du Barolo. Celui-ci est de plus situé au numéro 1370 de l’Avenida de Mayo, l’œuvre ayant été écrite autour de l’année 1300.

Barolo souhaitait que l’intégralité du bâtiment soit utilisée uniquement pour y installer des bureaux, et non pour un usage privé d’habitation. Ainsi, à l’origine, le Barolo était divisé en 260 bureaux de plus ou moins 10 m² à usage personnel, non connectés. Cependant, la modernisation du bâtiment, avant 1997, date à laquelle il fut classé monument historique, a permis l’installation de bureaux plus grands et communiquant. Ils y en a donc moins en nombre actuellement mais ils sont encore tous utilisés. Les couloirs et les pièces du Palacio Barolo sont en excellent état, ils ont le charme du début du siècle passé, et restent cependant d’une belle sobriété. Nous avons l’occasion d’en visiter l’un d’eux, resté en état.

Nous montons ensuite dans les plus hauts étages. Arrivés au niveau 14, il n’y a plus d’ascenseurs, nous devons donc emprunter un petit escalier en colimaçon pour arriver dans la tour, le « Paradis » de Dante. Là, la lumière filtre par les grandes fenêtres des bureaux, les vitres des cages d’escalier et d’ascenseurs. Nous montons les étages, et arrivons enfin dans le dôme, qui nous offre une vue imprenable sur Buenos Aires illuminée par les lumières du soir. Le Palacio Barolo étant au cœur de la ville, nous distinguons tous ses quartiers et avons une vue particulièrement belle sur le Congreso.

Mais notre ascension ne s’arrête pas là puisqu’il nous reste un étage à monter pour atteindre le fameux phare du Barolo. Celui-ci n’a pas d’utilité signalétique, mais il a été installé par l’architecte afin de faire communiquer le faisceau lumineux avec celui du Palacio Salvo de Montevideo, construit peu après de l’autre côté du Delta, en référence à l’entrée du Paradis éclairée par deux phares dans La divine Comédie. Cependant, cela demeura impossible, l’architecte n’ayant pas calculé la courbe de la Terre, qui empêche les deux phares de se rejoindre. Ainsi, nous montons un escalier aussi escarpé que le précédent, jusqu’à arriver dans la petite cage de verre qui abrite l’imposant fer, que notre guide allume. La lumière est éblouissante, et l’on distingue bien le faisceau qui tourne dans le ciel de Buenos Aires. C’est incontestablement un des plus beaux points de vue qui nous est offert par la tour du Barolo.

Une fois redescendus et pour achever cette magnifique visite, nous dégustons un verre de vin argentin dans une des pièces plus grandes du Barolo, devant une démonstration de tango. Les danseurs sont en symbiose, et présentent un niveau incroyablement professionnel. Une qualité indiscutable dans ce spectacle, qui achève avec poésie notre visite du Palacio Barolo. Un lieu unique, chargé d’art et d’histoire. Le Barolo est un incontournable de Buenos Aires et offre un merveilleux voyage dans le temps, pour une soirée illuminée.

 

Josephine Boone

 

Diaporama

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