25 mai 2019

Élevé au rang des plus belles salles de spectacle du monde telles que l’Opéra de Paris, la Scala de Milan ou encore l’opéra de Vienne, le teatro Colón est un édifice remarquable de Buenos Aires tant par son envergure démentielle que par la beauté de ses intérieurs. Depuis son inauguration en 1908, il suscite l’admiration des curieux venant le visiter le jour comme du public qui vient assister à des représentations dans son splendide auditorium la nuit. À toute heure, le spectacle architectural ainsi qu’artistique demeure à couper le souffle.

Situé au cœur du quartier de San Nicolas, également connu sous le nom de Microcentro, le théâtre que nous visitons est en vérité la seconde version du Colón, initialement bâti en face de la plaza de Mayo dans l’édifice qui abrite aujourd’hui la banque nationale argentine. En 1889, le gouvernement décide de créer un nouveau théâtre répondant davantage aux aspirations de l’époque, à savoir créer un lieu de culture d’envergure mondiale.

Le projet passe de mains en mains et tire sa prestigieuse diversité des inspirations variées de ses nombreux architectes qui se succèdent. De l’italien Francisco Tamburini qui désirait bâtir un théâtre aux airs de l’opéra Garnier de Paris, à Jules Dormal qui exporte de sa Belgique natale des inspirations de l’art nouveau, en passant par Vittorio Meano qui ajoute des touches de la néo renaissance italienne à l’édifice en devenir, le Colón est un vrai condensé de différents courants artistiques. Alliés avec justesse et élégance, le résultat est aussi inédit que stupéfiant.

Nous commençons notre découverte du plus beau théâtre d’Amérique en passant les portes de cette grande bâtisse et entrons dans un très joli hall surplombé par une coupole magistrale dont les vitraux colorés illuminent la pièce. Après avoir gravi les escaliers, nous nous trouvons dans un hall aux airs versaillais. Une succession de lustres dans un grand corridor aux plafonds ornés de moulures au-dessus de nos têtes, nous entrons dans le cœur du Colón et découvrons son dantesque auditorium.

Dès lors, c’est un véritable changement de décor : nous sommes à présent à l’âge d’or de la cité portègne et du haut de ses sept étages, il abrite 2500 sièges et peut accueillir jusqu’à 3000 personnes grâce aux gradins de l’étage supérieur. Ce dernier, le paradis, est voué à accueillir les couches les plus modestes de la population selon les traditions française et italienne. En forme de fer à cheval, la salle de spectacle s’élève sur près de trente mètres et s’étend sur trente-deux mètres de diamètre. Pour couronner ce splendide et titanesque amphithéâtre, on peut admirer en levant le nez une coupole de 318 m² admirablement ornée par le peintre Raul Soldi dans les années 1960. Cette dernière est de surcroît illuminée par un incroyable lustre qui parvient à irradier une salle aussi grande de ses 700 ampoules enrubannant le centre de la coupole le long d’un diamètre de sept mètres. Cet édifice bâti sous le signe de la démesure et du grandiose nous éblouit un peu plus à chaque coup d’œil.

Non contente de satisfaire nos yeux ébahis, cette salle exalte tous nos sens, et tout particulièrement notre ouïe. En effet, le Colón est exceptionnel du fait de son excellente acoustique, en dépit de sa taille pharaonique. Les travaux menés de 2006 à 2010 nous permettent aujourd’hui de contempler une salle aussi fabuleuse qu’elle l’était lorsque de grands noms tels que Pavarotti, Caruso, Stravinski, Maria Callas ou encore Caruso, en ont foulé les planches et fait trembler les murs. La programmation actuelle est toujours sensationnelle et le Colón, depuis maintenant plus d’un siècle, est un, si ce n’est le, haut-lieu de la culture et du raffinement de la capitale argentine, voire de l’Amérique entière. Si d’aucuns considèrent Buenos Aires comme le Paris de l’Amérique latine, le teatro Colón lui en octroie en tout cas la grandeur et la sophistication.

 

Brune Soubeyrat – de Gantho

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